Ici

Comme dans un rêve bizarre...moi et/ou l'autre, face à face, huis clos pour un univers de clones aux expérimentations incongrues, au quotidien poussé à son paroxisme, la cruauté inéluctable...Ouverture grinçante , rictus de l'angoisse en ouverture de cette succession de tableaux  imaginée par les "jongleurs chorégraphes" Jérôme Thomas et Markus Schmidt, et le chef d'orchestre mécanique Pierre Bastien, soumis à l'épreuve de la dés/incarcération des corps qu'elle qu'en fût la matière...L'air paraît s'inssuffler, circulant entre les lamelles de papier ventilées vers une rythmique implacable qui désarçonne les articulations de deux pantins s'épuisant à conquérir une chaise pour deux..Echec du partage ? Puis les cloisons circulent pour ouvrir vers l'espace saturé de lumière..d'une cour de prison ..ou de la salle capitonnée d'un asile..? "Ici" progresse en un mouvement contrecarré de franchissements successifs..de la matière, des éléments..Ronde centripète catalysée par les courants sonores martelés en une rumeur persistante des dispositifs mécaniques de Pierre Bastien...La dernière séquence acmé comme une évasion imaginaire spectaculaire où le duo derviche , sur fond de Mecanium projeté géant, fait voler en éclats mille murs, mille pétales comme autant d'éclats-écho ..à pulvériser une réalité aux rouages soudain déréglés ? Poésie cinématographique majuscule...